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Un marché immobilier plus stable en 2025, mais une crise pas totalement derrière nous

Publié le 13/01/2026
Après deux années marquées par de fortes turbulences, le marché de l’immobilier ancien montre en 2025 des signes de redressement. Les volumes de ventes repartent à la hausse et les prix évoluent de manière contenue. Pour autant, les professionnels du secteur restent mesurés et estiment que la crise n’est pas encore complètement résolue.

"La bonne nouvelle, c'est la remontée du volume de transactions. On en avait besoin, on a traversé une vraie tempête", souligne Charles Marinakis, président de Century 21 France.

À la fin septembre 2025, 921 000 transactions de logements anciens avaient déjà été enregistrées. Sur l’ensemble de l’année, le Conseil supérieur du notariat anticipe environ 945 000 ventes, soit une progression proche de 12 % par rapport à 2024.

Les principaux réseaux d’agences confirment cette dynamique : les ventes ont augmenté de 11,6 % chez Century 21, de 11 % chez Orpi et de 16 % au sein du réseau Laforêt.

L’année 2025 apparaît ainsi plutôt favorable, même si elle reste légèrement en dessous de la moyenne observée entre 2014 et 2024, période durant laquelle près de 980 000 transactions étaient conclues chaque année. Sur vingt ans, la moyenne annuelle s’établit un peu au-dessus de 867 000 ventes.

Du côté des prix, la tendance est à une hausse modérée. Le baromètre SeLoger–Meilleurs Agents fait état d’une augmentation de 1,6 %, contre 1,4 % selon Century 21 et 1,8 % d’après Laforêt. Une évolution que Charles Marinakis juge "modérée" et qu’il souhaite voir rester maîtrisée.

Le marché immobilier "a retrouvé une forme de normalité avec des volumes de vente, des taux de crédit dans une fourchette normale et aussi une hiérarchie des prix" entre les territoires, analyse auprès de l’AFP Yann Jéhanno, président du réseau Laforêt France.

"Un marché normal, équilibré, qui s'est auto-régulé" après les chocs successifs liés à la crise sanitaire, abonde le président de Century 21.

Un marché locatif toujours sous tension

Selon Guillaume Martinaud, président d’Orpi, cette reprise repose sur des facteurs bien identifiés, "claires": "la baisse progressive des taux qui a rouvert l'accès au crédit, l'ajustement des prix qui a redonné du pouvoir d'achat immobilier et l'engagement des banques auprès des primo accédants".

Le taux moyen des crédits immobiliers est ainsi redescendu autour de 3,1 %, après avoir franchi le seuil des 4 % en 2023. En parallèle, les prix des logements avaient reculé de 2,1 % en 2024 et de 3,9 % en 2023.

Les primo-accédants, particulièrement pénalisés par la remontée des taux à partir de 2022, ont été les premiers impactés par la crise.

En 2025, "ils ont pu profiter de la baisse des prix" immobiliers, se félicite Yann Jéhanno. Chez Laforêt, leur part parmi les acheteurs est ainsi passée de 30 % en 2024 à 35 % en 2025.

"Cela va dans le bons sens mais il reste des primo-accédants sur le bord de la route avec des difficultés à constituer un apport", tempère toutefois le président de Laforêt. "Avant la crise, les primo-accédants représentaient 50% du marché".

Autre point de fragilité : le recul des investisseurs particuliers, qui acquièrent des biens pour les mettre en location. Ils ne représentent plus qu’un quart des acquéreurs chez Century 21, un niveau inférieur à celui de 2019, même s’il reste supérieur à celui observé en 2015, comme le rappelle Charles Marinakis.

Cette baisse de l’investissement locatif alimente directement les tensions sur le marché de la location, qui demeurent "très fortes, notamment dans les zones tendues", selon le baromètre SeLoger–Meilleurs Agents.

"À Paris, par exemple, le nombre de biens disponibles à la location reste 30% à 40% en dessous de son niveau avant crise sanitaire", précise encore le baromètre.

"Tant qu'on ne relancera pas l'investissement locatif", le marché locatif restera sous pression, estime Yann Jéhanno.

Un dispositif fiscal destiné à encourager les bailleurs privés figurait dans le projet de loi de finances pour 2026, dont l’examen n’a pas pu être finalisé avant le 31 décembre. Le texte doit être de nouveau étudié à l’Assemblée nationale à partir du 8 janvier en commission des finances, avec la possibilité d’évolutions supplémentaires.

"Rien n'est gagné" pour l’immobilier, conclut Guillaume Martinaud. "L'instabilité politique et la situation géopolitique que nous connaissons depuis septembre 2025 commencent déjà à peser sur le marché et se lisent dans les chiffres de fin d'année", avertit-il.

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